[Test] Crusader Kings II

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Pour la sortie du nouveau site, il fallait quelque chose de rassembleur.

Quoi de mieux que la Suède pour cela. Hmmm, la Suède, ses jolies petites blondes qui me font penser que je dois appeler Canal + pour activer l’option “programme adultes”. Mais, encore mieux que ça, en Suède, il y a Paradox Interactive. Ce studio est à l’origine, entre autres, de Heart of Iron III et de Europa Universalis. J’imagine que ça ne parle à personne… et pourtant, je pense qu’on ne peut pas faire plus complet en termes de jeux de stratégie. Et c’est peut-être ça le problème ! Oubliez la prise en main relativement simple d’un Civilization ou d’un Total War. Ici nous sommes dans la cour des grands!
Si vous aimez les chiffres, les tableaux, et le tout sur fond historique, continuez ce papier, sinon, rendez-vous sur la page des jeux grand public, avec l’ami Blackshad.
En jouant à CK2, vous passez du gamer ‘sympa’ à ‘arrogant’. Vous savez, on en croise tous les jours, surtout à Paris. Les types qui lisent Télérama et/ou les Inrocks, qui vous disent : “Tu viens de découvrir ce groupe? pfff, je le suis depuis le début, mais, maintenant c’est devenu trop commercial” ou les, “On ne dit pas ‘manger’, mais ‘déjeuner’ ou ‘dîner’, ce sont les animaux qui mangent”. Une occasion de briller en société est de leur répondre qu’en fait, ça ne vient pas de là, mais juste que le verbe manger est transitif, donc attend un COD, donc rien à voir avec les animaux… Bref, sachez que vous allez devenir comme ces gens-là…

Le but du jeu est simple : vous incarnez un souverain d’une contrée et pendant environ 400 ans, vous allez gérer vos terres, vos courtisans, vos enfants, vos vassaux, et étendre vos terres, etc. Sauf que la personne que vous incarnez au début, ne vivra pas 400 ans. Donc, à partir du moment où le souverain meurt, vous allez vous mettre dans la peau de votre héritier et ainsi de suite. “Le roi est mort, vive le roi.” Il n’y a pas de but particulier sauf ceux que vous vous fixerez. Le jeu s’arrêtera si, à votre mort, vous n’avez pas ou plus d’héritier.

Chronophage King II

Chronophage, car ayant une durée de vie quasi infinie, promettant de longues heures en caleçon sans se laver, j’y reviendrais plus loin, mais aussi parce qu’il faut du temps, beaucoup de temps pour comprendre tous les mécanismes!

Comme je le disais précédemment, ce n’est pas un jeu qu’on maîtrise du premier coup. Pour tout comprendre, il existe des didacticiels. Ceux-ci sont quand même bien mieux faits que ceux d’Heart of Irons, mais n’espérez pas devenir un ouf juste en les suivant, loin de là. Ce sont vraiment des principes de base qui y sont énoncés. Un petit conseil aussi, essayez de réviser vos cours d’histoire, et plus particulièrement sur la période du Moyen Âge, si les concepts d’évêché, de comté, de vassaux ou encore de duchés sont un peu obscurs.

Je dois avouer que j’ai bien mis au moins 5 à 6h avant de prendre du plaisir à jouer. En ces temps de période électorale, on peut dire que “Crusader King II, tu t’accroches ou tu quittes” car j’ai vraiment hésité à arrêter au bout d’une heure. Mais chez Pisse-froid, nous payons nous-mêmes nos jeux, et comme je venais de lâcher 30€ de bon d’achat à la FNAC, je me suis forcé à continuer.
J’ai donc commencé une partie à la date de base 1066, en prenant le royaume du Danemark. Mais une fois la game lancée, que faire? Les jours défilent, vous cliquez partout, des tableaux s’affichent, mais vous ne savez pas quoi faire car vous n’avez pas d’objectifs précis.

AdopteUnePrincesse.com

Voilà comment j’ai commencé : Je vois que je suis veuf, je décide donc de me remarier. Le jeu en pause, je me mets à reluquer toutes les demoiselles qui pourraient m’apporter des alliés intéressants : AdopteUnePrincesse.com. En parallèle, je check si les caractéristiques de ma future femme ne sont pas trop nazes. Et là, le Saint-Graal, celle que je trouve est une très bonne tacticienne, honnête, peut-être un peu jeune… (16 ans, mais dans le jeu c’est autorisé) mais bégaie et a un problème avec la nourriture… Comme il va falloir faire des bébés avec, autant qu’elle n’ait pas de grosses tares, car la génétique joue un rôle dans vos héritiers… Une fois la perle rare trouvée, il faut qu’elle accepte (Oui on peut coucher avec des gamines de 16 ans, mais le mariage forcé n’est pas autorisé…).
Pour chaque personnage, vous savez l’opinion qu’il a de vous et inversement (un nombre compris entre -100 et 100). Si son père et elle vous apprécient suffisamment, il y a plus de chances que votre union se fasse. Une fois mon choix fait, j’ai remarqué que la plupart de mes 11 enfants (sic !) n’avait pas de maris/femmes. J’ai donc arrangé des mariages pour mes enfants majeurs, des fiançailles pour les jeunes, et tout ça pour essayer d’hériter dans les générations futures d’autres terres.
Pour les gens du Nord, Paradox Interactive a pensé à vous ! Sachez que vous pouvez faire marier entre eux frères et soeurs, ou oncle et fille.

Une fois toute la famille mariée, vous pouvez continuer votre chasse à la gonzesse pour vos vassaux.

A la guerre comme à la guerre

Si vous souhaitez faire autre chose que du Meetic, vous pouvez vous intéresser à la guerre en la déclarant à certains de vos voisins et ce en remplissant quelques conditions (la plus importante étant d’avoir un vrai casus belli). C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à apprécier le jeu. Résolu à étendre mon royaume, j’ai donc déclaré la guerre à mon voisin avec qui j’entretiens de plutôt mauvaises relations, notamment à cause d’un terrain que nous nous contestons depuis moment. Je lève mes troupes et je lance la fight. Si des troupes se trouvent sur la case sur laquelle vous vous déplacez, alors le combat s’engage. Le moral, la capacité de vos commandant à diriger et le terrain entrent en compte dans le calcul. Il n’est pas possible de visualiser le combat et ce n’est pas plus mal, seul le résultat important.
Une fois les troupes battues, si vous êtes en territoire ennemi, vous pouvez assiéger un comté. Une fois le siège terminé, le comté vous appartient. Il est possible d’attaquer un château fortifié, mais je dois avouer que je me suis rétamé (pourtant, je disposais de 2,5x fois plus d’unités). Si vous sentez que la tournure des évènements vire au vinaigre, vous pouvez faire appel à des mercenaires moyennant de l’argent, demander à vos alliés de vous aider dans la guerre, déclencher des guerres saintes, etc. Bref, les possibilités sont nombreuses.

Enfin, la grosse partie de votre temps sera de gérer votre royaume et surtout les susceptibilités. Chaque personnage a des caractéristiques différentes et une opinion de vous qui varie en fonction de vos actes. Vous légitimez un enfant conçu hors du lit conjugal, vos autres enfants vont tirer la gueule. Vous virez votre intendant, il ne sera pas content, à l’inverse de celui que vous nommerez. Vous augmentez les impôts de vos vassaux, ils vont râler. Bref, il faut jongler avec les humeurs de tout le monde, ainsi que leurs ambitions.

Il faut savoir aussi que les gens meurent rapidement. Sur mes 11 gosses de mon premier mariage, il doit m’en rester 3 vivant encore (Ça fait moins d’allocations familiales…). Vous serez donc toujours en train de donner des postes.

L’espionnage de vos contrées sera important, car certains de vos sujets pourront tenter de vous assassiner, ou de fomenter des sales coups. Un de mes fils, à qui j’avais généreusement donné des terres, a voulu devenir indépendant et m’a déclaré la guerre. J’ai été obligé de lui infliger une bonne correction et de l’emprisonner avec ses vassaux. Si j’ai relâché ses vassaux, j’ai exécuté mon fils, histoire que la marmaille n’essaie pas de se rebeller.
J’ai découvert également que ma femme souhaitait m’assassiner. Je n’avais pas assez de thunes pour l’assassiner, mais la vengeance est un plat qui se mange froid…

Je pourrais continuer pendant des heures à expliquer toutes les mécaniques de jeu, mais je risque de perdre pas mal d’entre vous.
Au niveau graphique, je n’ai pu le tester que sur une petite machine. Le jeu n’est pas laid, mais pas beau non plus. Comme pour Football Manager, je pense que ce n’est pas ce qu’on attend.
On peut souligner aussi le travail réalisé sur les régions et les bases de données de personnages qui est purement hallucinante. On a les arbres généalogiques de familles sur plusieurs générations et ce pour chaque contrée d’Europe!

Pour conclure, vous paierez environ 30€ pour un jeu avec une durée de vie infinie. En début de partie, il est possible de choisir n’importe quel territoire d’Europe, allant de l’Espagne à la Turquie, ainsi que l’année à laquelle vous commencez.

Ce titre est donc un très bon jeu pour quiconque essaye de se mettre dedans. Il faut du temps pour se familiariser avec tous les principes, et après une quinzaine d’heures de jeu, j’avoue ne pas encore tout connaître, c’est aussi ce qui fait son charme.

Les + :

  • Une profondeur historique énorme
  • Super prenant
  • Ultra pointu
  • Durée de vie infinie

Les – :

  • Une prise en main pouvant en dissuader plus d’un
  • Des didacticiels trop succincts

Les – du Pisse-froid :

  • Il manque quelques raccourcis clavier
  • La politique de DLC de Paradox Interactive
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A propos de l'auteur

Fondateur du blog Fan de Jeux-vidéo, SF, Manga, comics, et milite contre les folles rumeurs d’une homosexualité de Batman.