[Test] Shadow of the Colossus

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Devant l’engouement que j’ai pu lire pour la sortie de Ico et Shadow Of the Colossus, je me suis dépêché de le pré-commander. En plus, mon pote Toon m’a dit que c’était bien. C’est lui m’avait conseillé l’excellent 1er PES sur Wii 🙂 Moi, je marche comme ça, on me dit qu’un jeu est bien, je l’achète et ensuite je râle.

La veille de sa sortie, je l’avais (ce qui n’a servi à rien car le lendemain est sorti FIFA…) ! La presse spécialisée et quelques sites ont encensé ce jeu, et bien sûr, si je vous en parle, c’est que je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que j’ai lu.

Au menu, du steak de cheval, de la varappe et l’industrie pharmaceutique

Il est bon de savoir qu’avant d’acheter ce pack, je ne connaissais absolument pas Shadow of the Colossus. Je savais seulement que c’était un jeu dans lequel on se tapait contre des gros colosses.

Je lance donc le jeu et suis surpris de voir que malgré la remasterisation, c’est pas beau. Pas moche, mais pas beau. Je croyais qu’ils avaient tout revu à la hausse, donc première déception et première résolution : je me mets en mode « compatibilité PS2 ». Et dans cet état d’esprit, il faut avouer que le jeu est beau, même très beau. Je reste néanmoins sceptique en ce qui concerne les cinématiques.

Les bases de l’histoire posées, je pars donc immédiatement en quête du premier colosse grâce à mon fidèle destrier. Immédiatement, immédiatement… ce fut plutôt 2 minutes plus tard, car la bourrique n’est pas celle qu’on croit. Notre gentil héros, n’est visiblement pas abonné à la chaîne Equidia, et passe son temps à sauter autour du cheval au lieu de le monter. Donc, les filles, ne soyez pas étonnées de le voir s’agiter autour de vous avant de vous grimper dessus. Faites comme moi, prenez votre mal en patience.

Une fois dessus et lancé à pleine vitesse, les sensations sont là. On a une impression de vitesse de toute beauté, et ce n’est en rien comparable avec la monture de notre ami Ezio Auditore, trop rigide à mon goût. Le voyage en cheval mérite donc vraiment son pesant de foin. On reprochera seulement que notre monture soit difficilement maniable dans des espaces étroits et lorsqu’elle trotte. Plusieurs fois, j’ai préféré y aller à pied (tout en songeant à l’euthanasie de la vieille carne à mon retour…).

Autre raison de râler, les étapes d’escalade. Habitué à escalader des immeubles grâce à mes potes Drake et Ezio, le fossé est aussi énorme que celui qui sépare l’Europe de l’Amérique. Certains pisse-froid me diront « Ouais, mais c’est de la PS2 et il n’y avait pas encore de jeu où on pouvait tout escalader comme on voulait ». C’est vrai, mais la comparaison est inévitable en terme de sensations. Tout a l’air hésitant. Il n’est pas rare d’être accroché au rebord d’un mur sans pouvoir monter dessus immédiatement. De même, afin d’aller un peu plus vite, vous pouvez tenter de sauter verticalement ou horizontalement, mais là encore, notre jeune ado n’en fait qu’à sa tête. Les hormones, surement, les hormones…

Sachant qu’en s’opposant à des colosses 100 fois plus grands que soi, il sera forcément nécessaire de les escalader, ça calme un peu. Rassurez-vous quand même, il vaut mieux escalader des colosses que des murs ! Et heureusement, car GAME aurait déjà reçu ma visite pour réalimenter mon compte.

Enfin, dernière grosse raison de râler, la gestion de la caméra. Lors de l’achat du jeu, j’avais pourtant dit au gars de GAME de ne pas me donner de sac en plastique. Etait-ce prémonitoire ou une bienveillance accordée à chaque client ?

J’exagère peut-être un petit peu, mais le fond est là. Habitué à bouger la caméra avec mon stick droit, je suis surpris de voir qu’elle revient automatiquement dans sa position initiale dès qu’on le relâche. Nausées et maux de tête garantis. Encore un coup du grand capital et de l’industrie pharmaceutique ça!

Je râle, je râle… et si je pisse froide autant, le jeu vaut-il finalement le coup ?

En ces temps de crise, les jeux à moins de 45€ se font rares et donc pour les radins, c’est déjà un argument de poids. Car, là, Maryse, vous avez 2 jeux pour le prix de la moitié d’un !!

Cela veut-il dire que la qualité de SotC est égale au quart de celle d’un seul ? Je ne pense pas que ce soit le cas, bien au contraire.

Certes, il y a beaucoup de choses énervantes qui ternissent le jeu, mais lorsque que vous verrez le premier colosse, vous les oublierez temporairement. Quel bonheur de le voir errer, de le voir essayer de vous taper dessus avec sa force colossale, ruser pour pouvoir lui grimper dessus, lutter pour rester accroché à lui tel un morpion, contempler la vue que l’on a depuis le sommet de son crâne, etc.

Le coté épique du combat est fantastique et le combat de David contre Goliath prend tout son sens ici.

Enfin, que dire de la poésie du jeu. On se retrouve avec un type qui a une fille dans les bras, on ne sait pas d’où ils sortent, ni pourquoi la fille est évanouie. Tout ce qu’on sait, c’est que le personnage que l’on incarne est prêt à tout pour la sauver, même à se taper contre des colosses 100 fois plus balèzes que lui! Est-ce une riche héritière, une fée du logis, un super bon coup, ou tout simplement l’amour de sa vie?

Certains confrères pisse froid, ne manqueraient pas de dire que le scénar tient sur un ticket de métro mais pour moi, c’est le moteur du jeu : on a envie de savoir pourquoi ce gamin a une telle détermination, pourquoi il doit défoncer des colosses, qui est cette voix qui nous parle depuis la lumière, etc.? Ces réponses, je ne les ai pas, car je n’ai pas terminé le jeu, et c’est ce qui me donne envie d’avancer dans la partie.

Finalement, sans cette réédition, je n’aurais sûrement jamais joué à SotC car ne disposant plus de PS2 en état de fonctionner au moment de sa sortie. Du coup, j’aurais zappé dans IG Mag n°124 les pages rétro-gaming parlant de ce titre , et je pense effectivement que je serai passé à coté de quelque chose. De là à parler de chef d’œuvre sur PS3, je ne suis pas d’accord. Peut-être que pour les testeurs habitués à des licences pourraves, ce jeu fait office de bol d’air, ou alors la nostalgie a biaisé leur jugement. Il en est que sa jouabilité comporte trop de points noirs à mon goût. Cela aurait peut-être mérité quelques petites retouches lors de la remasterisation afin de gommer les points irritants.

J’imagine que sur PS2, ce fut un chef d’oeuvre, mais sur PS3, il reste simplement un bon jeu, ayant un bon rapport qualité/prix et surtout sortant un peu des sentiers battus.

N’est-ce tout simplement pas un jeu en avance sur son temps ? Peut-être aurait-il dû sortir sur PS3, et bénéficier de la puissance d’une console next gen pour qu’on puisse prendre en pleine tronche ses combats épiques, sa poésie et sa beauté. Ce qui est fait est fait, et n’allons pas nous plaindre d’un jeu qui change, tout simplement.

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A propos de l'auteur

Fondateur du blog Fan de Jeux-vidéo, SF, Manga, comics, et milite contre les folles rumeurs d’une homosexualité de Batman.

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