The Walking Dead

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Aujourd’hui, nous allons parler de Walking Dead. Attention, il ne s’agira pas de la série TV ni du génial comic de Kirkland. Nous parlerons ici du jeu, sorti déjà il y a un moment. Je l’avais acheté pendant les soldes de printemps de Steam et n’y avait pas touché. C’est maintenant chose faite, l’ayant terminé pas plus tard qu’hier soir.

Avant de débuter, je tiens à préciser que le jeu ne reprend que le background de la série et du comic (des zombies partout). Vous ne subirez aucun spoil si vous êtes en train de les suivre, ou si vous décidez de vous y mettre après ce génial article.

Je vais être franc, je ne sais pas encore quoi penser de ce titre à ce jour. Pendant tout le jeu, je trouvais ça génial, et je dois avouer que plus j’y repense, plus mon sentiment devient mitigé. Il a pourtant reçu à sa sortie un accueil favorable (j’en toucherai d’ailleurs un mot dans la dernière partie.)

Déjà est-ce un jeu?

Mon réponse est non. C’est un livre dont vous êtes le héros, animé. Vous allez incarner un personnage et vivre sa survie. C’est vous qui déciderez des dialogues et des actions que vous souhaitez réaliser. Ces actions se feront par du Point & Click basique. Parfois, vous aurez des QTE, rares tout de même. Il y aura de longs moments durant lesquels vous suivrez des scènes sans pouvoir interagir. En somme, si vous voulez du bourrin à la Left for Dead 2, Dead Nation, passez votre chemin. Ici c’est du cérébral, de l’émotionnel.

Lee_Walking Dead

C’est le sosie de Patrice Evra

Comme déjà évoqué, l’univers du jeu reprend celui du comic. Vous allez incarner un héros qui va tenter de survivre dans un monde infesté de zombies. Ce héros est noir. A ce propos, j’ai récemment vu que Minute avait fait un bond dans les ventes de son journal torchon avec des blagues racistes, je tente donc le coup sur les deux prochaines phrases. On verra ce que ça donne en termes de visites.

Cet Afro-Américain est un repris de justice (ça m’aurait étonné!…). Nous ne savons pas pourquoi au début (sûrement un braquage ou une fraude à la CAF avec ses huit enfants). Il n’est pas chômeur comme tous les autres membres de sa communauté, mais prof d’histoire, à l’université en plus ! (Un faux diplôme, très certainement)

Sur la route l’emmenant je ne sais plus où, la bagnole de flic percute un type qui traverse, et c’est l’accident. Nous perdons alors connaissance. A notre réveil, le flic a une sale gueule, genre un peu décomposée, et tente de nous bouffer quand on l’approche… (Y a plus de respect dans la Police. Ils ont raison les jeunes de banlieue)
Dans notre fuite, nous allons faire la connaissance d’une petite fille que nous emmènerons avec nous. (Il n’y aura pas de blague pédophile dans cet article… Le racisme étant plus prolifique en termes de visites) Nous rencontrerons d’autres survivants avec qui nous allons nouer des relations. Ce sont ces relations que nous allons suivre.

Sans rentrer dans les détails, l’histoire est très bien racontée, bien menée, bien ficelée. Néanmoins, lorsqu’on connaît le comic, elle ne nous surprend pas. (Ouais je fais mon Pisse-Froid « Ouais moi je les ai lus ») Néanmoins, ça reste très prenant. On notera un léger relâchement dans le 3e épisode où l’on s’ennuie un peu. Mais c’est vraiment pour pinailler. Vraiment c’est génial.

the-walking-dead-saison-2-pc-1383081495-0071En termes de jouabilité, c’est très simple, clavier et souris (manette possible). Pensez d’ailleurs à changer votre clavier en appuyant sur Alt+Maj, pour ne pas être en clavier QWERTY. C’est d’ailleurs un gros moins que les développeurs n’y aient pas pensé. (Il paraît d’ailleurs que c’est la même chose dans A Wolf Among Us…) C’est pas toujours très intuitif au niveau des déplacements, parfois votre perso bug un peu au contact de murs invisibles, mais ça reste très facile à prendre en main.

A chaque fin d’épisode, vous pourrez voir les statistiques des choix des autres joueurs et rigoler comme moi sur certains choix faits. C’est une bonne idée ! Par exemple, vous saurez qu’un certain pourcentage de personnes a tenté de sauver X.

C’est un titre que je n’ai pas pu faire d’une traite, mais si j’en avais eu l’occasion, je l’aurais fait tellement cette histoire nous porte et parfois nous prend par les tripes. Fan ou non de la série, zombiphile ou non, si vous voulez une histoire interactive bien menée, achetez-le. Une douzaine d’heure suffiront pour le torcher, mais comme moi, vous ne sortirez pas indemne de cette expérience. Vous le trouverez très certainement pendant les vacances de Noël en soldes sur Steam (il est  en ce moment à 6€50…) A ce prix-là, foncez !

Tromperie sur la marchandise

Maintenant passons aux critiques. Je risque de spoil un peu l’histoire, et surtout une des mécaniques du titre. Si vous ne souhaitez pas en savoir plus, achetez-le, finissez-le puis revenez lire cette partie. J’espère que nous serons d’accord.

Le principal argument avancé par TellTale pour parler de son jeu, c’est que les choix influent directement sur l’histoire. Je m’attendais vraiment à un système comme Heavy Rain (jeu que j’avais adoré, par ailleurs), mais le jeu terminé, j’ai voulu voir un peu ce que j’avais loupé en préférant la solution X à la solution Y. Quelle ne fût pas ma déception de voir que finalement mon choix n’avait quasiment aucun effet sur l’histoire. En effet, X et Y auront la même destinée à peu de choses près. Les dialogues, c’est pareil, choisir le 1, le 2 ou 3, n’aura aucune influence sauf dans le rendu et dans votre immersion. Par exemple, vous pouvez engueuler quelqu’un tout le temps, ça fera seulement baisser sa jauge de sympathie pour vous, mais par exemple, passé une limite, jamais il en aura assez de vous et jamais il ne tentera de vous tuer.
Cette liberté tant vantée par le jeu est donc quasi inexistante, car au final, tout est très linéaire et scripté. L’euphorie de la première expérience passée, j’avoue avoir eu l’impression d’avoir pris une carotte bien profond. Autant nous filer un DVD avec en bonus quelques fin alternatives…

Walking Dead Point and click

Autre gros reproche, la partie Point and Click. Elle se limite à trouver les points ronds sur la carte, cliquer dessus, puis passer au point suivant. Durant ces phases, je prenais bien le temps de parler à tout le monde pour ne pas louper quelque chose, mais avait-ce un intérêt? Vous pouvez prendre 3h sur un event, rien ne vous obligera à avancer, sauf à certains rares moments où le temps sera compté. Comme de toute façon, ça n’a pas d’influence sur le reste de l’histoire…
Pourquoi ne pas avoir intégré un timing dans chacune des phases de P&C avec une phase principale (on trouve le objets utiles pour sortir d’une pièce par exemple) et des éléments optionnels qui serviront plus dans la narration (des journaux intimes de survivants, de la nourriture en plus qu’on pourra dispatcher aux autres survivants, etc.). Tant pis si vous ne les avez pas vus, ça n’impactera pas le fil principal, mais ça pourrait modifier ce que pensent les autres survivants de vous, débloquant ainsi d’autres dialogues sur le passé de la personne, etc.

Pourquoi ne pas avoir aussi la possibilité d’oublier des trucs dans des pièces (par exemple, oublier de prendre telle arme, et donc se débrouiller autrement par la suite)? Dans Heavy Rain, j’avais trouvé excellent le passage dans la bijouterie où en partant, on doit effacer ses empreintes digitales. Si vous en laissez, vous vous retrouvez au poste. Ici, rien! Il y a 5 objets cliquables dans la pièce, un ou deux peuvent être ramassés. Il n’y a qu’une et une seule possibilité de passer à la suite. De plus, il faut vraiment pas être malin pour ne pas résoudre les énigmes. C’est d’une simplicité déconcertante.

Ce sont vraiment de gros points noirs dans ce titre. Car au final, toute cette liberté n’est qu’illusion. On suit le programme comme un prof de maths de Terminale. Jamais on ne s’éloigne du fil conducteur.
Cela n’entache pas l’expérience que j’ai trouvée géniale au jour le jour. Mais cette sensation d’être pris pour un con après coup, en m’annonçant que tous mes choix influeraient sur l’histoire, subsiste.

Heavy haine

heavyrainEnfin, je terminerai ce billet par mon incompréhension de la ligne éditoriale de certains sites de gamers. Prenons au hasard ……. Gamekult. Ils mettent 9 sélection (en gros un 10-) à Walking Dead. Je peux comprendre cet emballement. Les types doivent pondre leur article le plus tôt possible pour avoir l’exclu du test. La période de recul est également moindre. Et enfin, au moment de leur test, ils n’ont pas pu trouver sur le net, comme moi, l’arbre des choix (même s’ils auraient pu le créer en recommençant…). Comme eux j’aurais mis une bonne note (assurément pas 9+, mais un bon 7+,8) car ce jeu reste très bon. Néanmoins, j’ai du mal à expliquer qu’Heavy Rain soit noté 6. La mode est au bashing de David Cage suite à quelques sorties médiatiques contestées, donc il est de bon ton de saquer ses titres. (Je ne parlerai pas de Beyond Two Souls, car pas testé.)

Pour moi Walking Dead et Heavy Rain se ressemblent beaucoup, car l’un comme l’autre prennent le parti de la narration avant la jouabilité. De plus, tous les deux accentuent leur comm’ sur l’aspect « Le jeu s’adapte à vos choix ».

Les reproches qui sont faits dans le test de GameKult sont qu’il y a des QTE à toutes les sauces. Mais toute la mécanique du jeu est basée sur les QTE! C’est un jeu de QTE. On peut trouver ça débile, c’est un autre sujet. Critiquer les QTE dans Heavy Rain, c’est comme critiquer Mario Kart car on conduit des karts, ou ne pas aimer Gran Turismo car on n’aime pas les jeux de caisses… Clairement si t’aimes pas les QTE, tu n’aimeras pas Heavy Rain.

heavy-rain-moveL’auteur se plaint que certaines décisions se font justement par des QTE ratés, mais là aussi je ne trouve pas que ce soit un argument valable. Le jeu veut nous mettre au plus près du héros. Nous réalisons tous ses gestes (j’y ai joué avec le PS move), nous choisissons les dialogues, nous l’incarnons VRAIMENT. Si on rate un QTE, c’est qu’on a raté un mouvement. Dans un FPS, si tu rates ton ennemi, t’as une bonne chance de te faire tuer en retour. Pourquoi dans un jeu plein de QTE, n’est-ce pas la même chose?

Enfin, Walking Dead nous donne l’impression de choisir mais il n’en est rien. Heavy Rain, lui, nous fait faire des choix, DES VRAIS putains de choix. Quand on meurt, on meurt, on ne revient pas. Les choix influent  sur les scènes suivantes. Je pourrai donc rejouer à Heavy Rain si je le veux, pour prendre un autre embranchement dans l’arbre des possibles, l’histoire en sera différente. Il est vrai que je connais les tenants et aboutissants de l’histoire, mais je voudrais le finir sans voir la pire fin (le père en taule, la fille tuée, le tueur en cavale et le flic mort). Dans Walking Dead que je sauve ou non Pierre, Paul ou Jacques, on s’en fout, ça sera la même chose…

Attention, je ne dis pas qu’Heavy Rain n’a pas de défauts, loin de là, mais je pense sincèrement qu’Heavy Rain mérite une note supérieure à celle de Walking Dead et surtout ne mérite pas un 6 jeu « Honnête ». C’est un jeu excellent que je vous conseille si vous ne l’avez pas. Tout comme Walking Dead, dans un registre différent, mais qui vous fera tout de même passer un excellent moment.

Verdict : Achetez-le à moins de 10€, C’est excellent. Impliquez-vous à fond, vous ne le regretterez pas. Une fois terminée, passez à autre chose. N’essayez pas de savoir ce qu’il ce serait passer si vous aviez fait ce choix, vous en seriez déçu… Le choix est fait Lee…

Les plus :
+ C’est beau
+ L’histoire bien menée
+ Des héros attachants
+ Les stats des choix des autres joueurs

 

Les moins :
– Absolument aucune rejouabilité
– Les choix modifient trop peu l’histoire
– Le Point And Click  au ras des pâquerettes
– Tromperie sur la marchandise

Les moins de Pisse-Froid :
@ Aucune possibilité de changer la disposition du clavier

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A propos de l'auteur

Fondateur du blog Fan de Jeux-vidéo, SF, Manga, comics, et milite contre les folles rumeurs d’une homosexualité de Batman.

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